16 mai 2012

Quand le souffle me manque...

Quand l'inspiration ne vient pas, il faut écrire. Voici dont mon premier délire depuis trop longtemps. Espérons qu'il en débloque des meilleurs. J'ai la tête qui tourne et qui flotte et qui explose en mille petits morceaux qui à leur tour tournent et flottent et m'étourdissent.  Et les mots      les mots    ne viennent plus aussi facilement.  C'est toujours les mêmes thèmes les mêmes clichés qui se répètent  remâchés     répétés réduits à leur plus simple valeur.  J'ai déposé ma plume pendant si longtemps que l'encre s'est asséchée dans l'encrier poussiéreux.  Et mon imagination s'est enfuie   affamée   assoiffée par le désert de mon esprit dénudé trop longtemps ignoré distrait par d'autres occupations  banalité d'une vie occupée.  Me revoici donc à écrire sur l'écriture  rien de plus facile à écrire sur la panne d'inspiration  sur l'essoufflement créatif encore plus facile.  Quand je veux parler du manque de mots les mots ne manquent pas.  Et je me trouve à répéter les mêmes thèmes à ressasser les mêmes idées à remuer les mêmes clichés toujours les mêmes paroles qui s'enchainent et se déchainent et font tempête dans ma tête qui s'entête à recommencer.  Mais pour changer de thème? Pour changer la chaine? Les idées sont là, mais les mots ne veulent pas s'enchainer. Ne coulent plus de source. Et l'enchaînement devient forcé. Et je m'enfarge dans la chaine que je me suis créée. Et qui m'alourdit. Les phrases deviennent lourdes pesantes me tirent vers le fond du fond et j'ai peine à respirer.  J'étouffe  l'air est vicié   par des métaphores forcées et des images boiteuses.  L'air se fait rare. Je respire à peine. Et j'ai la tête qui tourne et qui flotte et qui va exploser en un millier d'idées sous-développées.  

4 mars 2012

2 mars 2012

Don't call me French

Don't call me French.
Ne me traite surtout pas d'anglaise.

I am both
Or neither
All at once.

Je suis une bâtarde    métissée
Two-tongued.
Tongue-tied in more than one tongue.

Le langage m'est parfois difficile
et je trébuche
Twisting my tongue around words that have a strange taste
And trying to fit into one single definition.

Mais c'est impossible
Parce que je ne suis ni l'une
Ni l'autre.
Somewhere in between
On the edge of speech

Au bord d'un précipice langagier

Riddled with rules I'm not quite familiar with
Serti de pièges que je me force à éviter.

Don't sound too French.
Éviter les anglicismes.
Don't let them hear my             hesitations.
Qu'ils ne me prennent pas pour une assimilée.

me fondre dans la masse majoritaire
sans y perdre mon âme

Caméléon aux couleurs fanées  
fatiguée de ne jamais fitter
Trying so hard to fit into the wrong hole
Round peg?
Tête carrée?


26 févr. 2012

Holes like scars

Tiens tiens... Yet another poem that I wrote a while ago, without publishing. Short and sweet, for your reading pleasure (I hope).


There are holes in my city
Big gaping holes
     in my city's history
Like scars.

There are parts missing
   in my city's history
And no one can remember
     what used to be there.

25 févr. 2012

A history of violence

Well, it's been a while. I've written a few beginnings of poems, but nothing I was particularly happy about. Not enough to post here, at least. 
Here's a new one. It could use some work, but I like where it's going, and I figured it was time I posted a new poem!


My city has a history of violence
And my city was born out of fear
   fear of invasion
       of attacks
So they built a canal
hoping this would keep them safe.
But from the canal there grew a new town
A shanty town of rough Irishmen
A Lowertown of brothels and taverns
An Uppertown of merchants and Protestants
And in this little town of Colonel By's
the riots
the drinking
the fires
Made it the most dangerous little town in North America
Lock your doors
Don't speak out
The Shiners are coming
And they're angry
And they're drunk
And they're looking for a fight.

7 déc. 2011

percolator

ideas
  percolating
drip drip dripping
from my brain
through my pen
to the page

drip drip dripping
through the permeable substance of my mind

then
a low rumbling
as the ideas flow faster now
as the page is filled with words
and the room is filled with the bitter-sweet smell
of poetry

6 déc. 2011

Urgent besoin

Après une semaine et quelques jours de ma formation au centre des arts de Banff, je suis enfin prête à partager ce qui se passe en dedans de moi. Ce soir, on a eu l'occasion d'écouter parler, et de discuter un peu avec, une poétesse qui tire son inspiration des sciences. Alice Major, une auteure à découvrir pour moi. Après cette présentation stimulante, j'ai eu une discussion tout aussi stimulante autour du souper, avec d'autres auteurs. J'en suis sortie vibrante d'idées de sons et de rythmes. Alors, bien sûr j'ai écrit. Ce qui suit est un genre de condensé de ce que je retire de mon stage à Banff, jusqu'à maintenant (dire qu'il me reste encore plus d'une semaine et demie!)



Urgent besoin de créer
                de dire de faire                de penser

L’autre

Sortir de moi pour pénétrer l’inconnu
                l’innommable   l’intouchable
qui se trouve en nous
ce royaume de la peur qui nous habite
qui nous fait vibrer au fond des trippes.

Faire un trip de mots de paroles qui flow
qui transportent vers d’autres rivages.

Besoin urgent de créer
                de réinventer
de faire                ce que je ne sais pas
                ne sais plus        faire.

Besoin urgent d’exister
                par mes mots    par mes gestes par mes désirs.

Que mon soupir devienne buée
devienne masse d’air informe
devienne un souffle glacé qui prend forme
qui engendre un univers d’idées de pensées de poèmes que je crie sur le souffle
essoufflée  épuisée       jusqu’au bout du son.

Exister
pour transmettre l’inconscience du monde
le verbe inconscient d’un geste trop grand
à peine crédible
à peine possible.

Vibrer des idées d’autrui
les faire siennes
et           en même temps
se défaire de soi
enlever les artifices        factices
où on se complet à jouer
sans vivre
sans vibrer.

Éclater
d’un trop-plein de bonheur
une corde qui se tend jusqu’au bout jusqu’à briser
jusqu’à ne plus pouvoir en prendre
et se rendre compte qu’il en reste encore
qu’on peut toujours en faire moins
pour en dire plus.

Je suis cette corde ce ballon qui explose de bonheur
qui éclate            qui n’en peut plus
qui a peur du trop-plein
qui craint la cassure.

L’éponge qui absorbe jusqu’à satiété.
Jusqu’à ce que je dise

C’est assez.

Que je me referme sur moi-même comme une huitre blessée par ce trop-plein de bonheur
qui prend un temps      
un beat                               un silence
pour ensuite
replonger dans la vague du bonheur créatif
pour ensuite
mieux vibrer
nourrie de mon silence.

Besoin urgent de créer
                de dire et de faire
du tangible
plus que ces mots qui se bousculent sur ma page
plus que ces mots qui culbutent dans ma tête.

Dans ma tête y a des images qui ne trouvent pas la sortie.
Dans ma tête y a des images qui ne savent pas où aller.

Alors les mots prennent la relève
ils débordent sur ma page sans vouloir arrêter
sans me donner de répit.

Ils suivent mon souffle et quand je les dis j’y suis presque
presque
là où voudraient être mes images.

Mais le besoin est toujours là
et je cherche encore mon exutoire
ma sortie de secours
pour que cette vibration de l’être
qui me remplit
qui me tient en otage
me laisse un peu respirer librement
me laisse dormir
me laisse vivre.

Et pourtant
c’est cette vibration de l’être
qui me rappelle
que je suis bien en vie.