13 nov. 2011

Des histoires

Y a des histoires qui se répètent
Y a des histoires qui se ressemblent
Y a des histoires qui doivent être racontées.
Et
Y a des histoires qu'on ne sait pas dire
Y a des histoires qu'on veut oublier
Y a des histoires qui ne se racontent pas.
Et
Ces histoires-là, elles se ramassent au fond d'un tiroir
Au fond de l'esprit d'un créateur frustré
D'un écrivain qui sent le manque
D'un auteur qui ne sait plus quoi dire
Ces histoires-là, elles blessent l'esprit du créateur frustré, de l'auteur en manque.
Elles amassent de la poussière et elles deviennent amères.
Ces histoires-là, plus on veut les oublier, plus elles font souffrir
Ces histoires-là ce sont celles qu'on devrait dire et redire jusqu'à ce qu'elles perdent de leur pouvoir.
Jusqu'à ce qu'elles ne se répètent plus jamais.
Jusqu'à ce qu'elles soient aussi présentes.
Aussi partagées.
Que les autres histoires.
Celles qu'on répète et qu'on redit.
Sans y penser.

9 nov. 2011

Poésie automnale

Un petit poème, écrit pour un autre projet, qui n'en a pas voulu. Je peux donc le partager avec vous, chers lecteurs que je néglige quelque peu...



Assise dans le silence, j’écoute la forêt tomber
comme elle le fait depuis des siècles
comme elle continuera de le faire          pour des siècles à venir
si on le lui permet.

La forêt tombe                               
une branche      une feuille à la fois
puis elle renaît
une pousse        une graine à la fois.

Assise dans le silence, j’écoute la forêt tomber
émerveillée par la nature qui m’entoure.

Un arbre pleure ses larmes dorées
et sur le ciel azur se découpe un nuage enflammé.

Soudain, dans le silence de la forêt qui tombe
j’entends le cri d’un geai bleu
le croassement d’une corneille
et la course d’un écureuil curieux
derrière moi.

Immobile            j’attends.

Il m’épie              inquiet et furtif.

Autour de nous, le vent fait chanter les branches
souffle les feuilles sèches sur le sol épineux
on dirait de la pluie.

L’écureuil curieux n’a pas bougé.

Et puis, il se décide
avance à petits pas
silencieux
dans la forêt qui s’anime
dans la forêt qui tombe
autour de moi.

Et l’écureuil curieux
qui connaît bien tous ces bruits
s’approche encore         à petits pas
s’arrête à mes pieds
renifle  indiscret.

Je retiens mon souffle
comme si j’étais moi-même un arbre
plus silencieuse que le vent qui d’une bourrasque fait danser les feuilles.

Curieuse à mon tour, je baisse les yeux sur l’écureuil
et le battement de mes paupières le fait fuir
effarouché.

J’étire mes membres endoloris

Un moteur vrombi au loin
et la forêt se tait à nouveau
pour continuer de tomber
silencieusement.

19 oct. 2011

Ode to Ogilvy's, a forgotten derelict










There's a building    at the corner of Rideau and Nicholas streets
A building      forgotten for almost twenty years

Almost two decades of oblivion
Almost twenty years       ignored

And when you tell people about it
And when you mention it
    most people don't remember seeing it       this huge building on Rideau street
    most people have forgotten it     this beautiful building on Nicholas

And yet
over twenty years ago     it was called Ogilvy's
And yet
one hundred years ago    it was called Ogilvy's
    one of Ottawa's first department stores
famous for its Tartan boxes
and high-end products.

But today     it's empty
   abandoned       forgotten
        today
it's just another empty building
and no one knows what to do with it  
    with its Heritage designation
       with its beautiful architecture
              with its large store-front windows     -     blacked-out.

And now       it's sad               and lonely
     and ignored
like the many homeless vagrants       who surround it
            who walk by it every day
The ones we forget
The ones we've ignored
The ones who    slowly    disappear
Waiting for the ones in charge
   to do something
      to take charge
          to take a stand
And        meanwhile
this beautiful old building
    sits               and waits
and slowly fades away             in our memory
     and slowly loses its charm          in our eyes
and slowly becomes                another derelict
forgotten         ignored
                 lost
in this beautiful capital of ours.

25 sept. 2011

In defence of my city

This poem has been a long time coming. It's born of frustration, and I hope others will answer my cry. Feel free to share. 


Ok, so I don't live in a big Metropolis
So my city isn't a Big Smoke
                    or a Big Apple
                     ou une Ville Lumière
So it's just a Little Big City
So it's just a National Capital
   a National Capital Region
So it's not a City That Never Sleeps.
   So what? I like to sleep.
Pis, peut-être que ma ville
   ne va pas vite vite vite
Pis, ça? J'aime bien prendre mon temps.
Pis peut-être qu'on n'a pas de métro
 pas de grosse montagne au centre-ville.
Pis, ça? On a une immense patinoire
 et un parc naturel au pas de la porte.
And we have bike trails criss-crossing the city
And a Parliament Hill
   where we can celebrate         or protest
                    or play soccer!
And maybe we've been called boring.
But that's only by people
       who don't know where to look.
Because my city is vibrant
         and alive
                 and beautiful.
You just have to give it a chance.
Parce que ma ville
         ma petite grande ville
a une multitude de trésors cachés
qui n'attendent qu'à être découverts.
So, next time you call my city dull
         or grey              or boring
do me a favour
and dig a little deeper.
Parce que ma ville
         elle n'est ni plate          ni grise
elle est simplement plus modeste
        plus discrète
que les métropoles qui lui font de l'ombre.
Parce que ma ville
        a tellement à offrir
mais n'ose pas le crier trop fort.
Et parce que moi
         je suis fatiguée
d'avoir à défendre       ma petite grande ville
devant des gens qui n'ont même pas fait l'effort
         de chercher
              de regarder plus loin que les rumeurs
                        et quolibets
          qui flottent autour de mon amour
de mon village         devenu ville
encore timide           et hésitante.
Because my little big city
suffers from self-deprecation
And I wish
   it would be proud
      of what it is
    and what it has to offer
This beautiful city of my heart.

20 sept. 2011

Mutlicolore et multilingue

Hier soir, j'ai présenté un extrait de l'Araignée, mon nouveau texte "poético-théâtral", dans le cadre d'un laboratoire devant un public invité. J'ai reçu plusieurs commentaires à la fois positifs et utiles. Une suggestion m'est restée: et si j'écrivais dans plusieurs langues? Après tout, mes créatures se cherchent, cherchent à rebâtir un monde. Pourquoi pas dans une nouvelle langue? Cette remarque a inspiré ce poème: 


Y las palabras     repetidas
   resuenan.
Erase una vez
Un cuento de hadas
una araña           pequeña
una historia que recuerdo
desde hace        siempre
Y repito las palabras       oídas
erase una vez
palabras que no puedo olvidar
una historia que nunca olvidaré
unas palabras que no puedo evitar
una canción que resuena
en la mente de todos    y todas
y que nunca desaparecerá.
Pues estamos aquí
                sobrevivientes
 y contamos nuestra historia
en una lengua
                and then another
sin diferenciarlas.
Because the words
                they flow
and the meaning
doesn’t always
matter
because the
rhythm binds us
brings us closer
                to the heartbeat
                               of the world
And this world of words
                this web of stories
ties us in together
woven tightly
                comme une courtepointe
                multicolore et multilingue.

31 août 2011

Deux délires du soir

Deux petits délires qui ne veulent rien dire, histoire de me délier les idées.

Faut pas chercher trop loin
   - qu'elle me dit      du coin de la bouche
C'est pas si compliqué qu'on le croit
  - et elle me lance un clin d'oeil      complice
La vie     faut pas la prendre trop au sérieux
Parce qu'elle     elle ne se prend pas au sérieux    du tout
en fait     elle se trouve drôle
    la vie
elle veut rire   la vie
et elle nous envie    la vie
elle rit de nous    la vie
Mais    la vie
          c'est pas compliqué
   - qu'elle me lance d'un ton moqueur
La vie    c'est un pas à la fois
  un souffle     un respire
  et puis un autre
   sans trop hésiter
   pour pas trébucher
Parce que la vie       comme ça
C'est un jeu
 dont on a oublié les règles
et la vie    tu sais
elle ne perd jamais       vraiment
Alors tu vois
   - qu'elle me dit en riant
Faut pas trop s'en faire     tu sais
Suffit d'avancer
   de continuer
sans trop se poser de questions
Suffit d'espérer    d'oser croire
que la vie      elle est de ton côté
et que tu suis le bon chemin
Tu vois
    c'est pas si compliqué
  - qu'elle me dit
        avant de se sauver.


**********

Y a pas de quoi rire
       souvent
Mais c'est pas la peine de pleurer
        non plus
Alors on serre les poings
                 et les dents
et on avance
       décidément
Y a pas de quoi rire
Mais vaut mieux ne pas pleurer
          souvent
Alors on ferme les yeux
et on attend.

10 août 2011

Ottawa

Enfin! Un nouveau poème! Après plus d'un mois de silence, je reviens à la charge. Surtout que je viens de recevoir une subvention de la Ville d'Ottawa pour les écrire, mes fameux poèmes sur ma ville! En voici donc un nouveau, inspiré par son nom. 


Ottawa
Outaouais
Odawa

Ça veut dire      échange

Ça veut dire   . . .

C'est un lieu où on se retrouve
Là où les eaux se rencontrent
Là où notre canot nous mène

Odawa
où les Algonquins sont passés
ont échangé
ont rencontré      des français

Lieu de passage

Outaouais
où les langues s'entremêlent
où les cultures s'entrecoupent
où deux provinces se rassemblent

Lieu de partage

Ottawa
où les décisions sont prises
où les gens manifestent
où les pays se rencontrent

Lieu de conciliabules

Ottawa
Outaouais
Odawa

C'est chez moi
  Ma ville
    Mon village
      Ma région

Pas tout à fait ceci
  Pas vraiment ça
Un mélange coloré
  d'histoires et d'espoirs

De gens de partout
venus     pour travailler
                pour étudier
      pour fuir
                  pour se retrouver

Ottawa

Lieu d'échanges          et de partage
  de rencontres             et de passages.