8 avr. 2011

Clochers

J'écris ceci, en étant très consciente que moi non plus, je n'y vais pas, sous les clochers. Et que, aussi triste que ça puisse être de voir ces églises dépérir, je n'ai pas de solution à proposer. 

Y a des clochers dans mon village
dans mon village devenu ville
  y a des clochers.

Clochers d'église qui racontent
   toute une histoire
Clochers d'églises
   rivales
Clochers d'églises
   qui   à une époque    plus ou moins lointaine
débordaient
   des congrégations    rivales   d'origines variées     de croyances divergentes

Dans mon village
  pas encore ville
il y avait
   assez de croyants     pour remplir toutes ces églises
      pour reconnaître tous ces clochers.

Mais mon village
   devenu ville
  a perdu ses croyants
     ou ses croyants se sont perdus
  et ont perdu de vue     tous ces clochers.

Dans mon village devenu ville
   les clochers dépérissent
      et perdent de leur éclat.
Les églises ferment
   ou changent de main
accueillent
   de nouvelles congrégations     venues d'ailleurs
ou deviennent des centres    communautaires    désacralisés.

Dans mon village
     devenu ville
y a des clochers    qui me rappellent
     que les temps ont changé.

Ma maison

Un poème que j'ai écrit il y a quelques mois déjà, mais que, je ne sais pas trop pourquoi, je n'ai pas publié. Je l'ai écrit pour la maison centenaire dans laquelle j'avais un appartement à l'époque. Je l'ai quittée depuis, mais elle m'habite encore, parfois. 


Ma maison brinquebalante
Ma maison ménopausée
  aux bouffées de chaleur
  et aux périodes de grand froid
Ma maison aux courants d'air
   et au ruisseau qui coule
      sous tes fondations
Ma maison centenaire
   qui en a vécu, des histoires
   qui en a vu, des vertes et des pas mûres
Tes murs épais ont caché des hors-la-loi
Tes grandes fenêtres ont défendu des voleurs
Tes propriétaires ont fui la loi
      pour se cacher dans le sud
        ou mourir d'une overdose.
Ma vieille maison
  aux sautes d'humeur
Quelles autres histoires se cachent sous ton toit?
Ouvre-moi la porte
  confie-moi tes secrets.

20 mars 2011

Non-dits

Ceci n'est pas un poème... ou plutôt, ce n'est pas le poème que je voulais écrire. Celui-là ne voulait pas être écrit. Alors celui-ci est venu prendre sa place. J'espère que vous ne vous perdrez pas dans le méandres de mon esprit fatigué, je n'ai malheureusement pas de fil d'Ariane à vous offrir....
***

Juste un instant
un moment       dans la journée
pour s’arrêter
pour réfléchir
pour écrire
pour penser.

Juste un moment
pour me rendre compte
pour rendre mes comptes
à qui je suis

Et le vent souffle             des volutes de fumée
dans ma tête.

Mais rien n’est plus clair

Sinon que je ne dis rien

Que je ne partage pas
jamais
ou trop rarement.

Des volutes de fumée qui nagent dans mon cerveau
embué.

Et pour un instant
je m’arrête
j’arrête le temps
j’arrête le vent
je laisse                               la fumée             se poser.

Juste pour voir
ce qui pourrait arriver

J’arrête de penser
j’arrête d’arrêter            les pensées       qui me viennent

Qu’elles viennent, les pensées

Qu’ils approchent, les mots

Les maudits non-dits

Je les attends

Dans le silence

Et la fumée        m’enveloppe
une couverture d’idées imprécises
de mots fugitifs
qui me libèrent

Parce que je ne sais pas quoi dire
comment le dire

Parce que souvent
trop souvent
je préfère           me taire
plutôt que dire              ce que je devrais             te dire

Alors     j’écris
pour moi
pour toi
pour quoi
qui

La fumée se fait plus dense
et la danse des mots n’est plus aussi fluide
je me sens         restreinte
par un poème qui ne veut pas être écrit

Des liens se resserrent
autour de mon cerveau
et sur mes lèvres
le sourire ne vient pas
et les mots         luttent  contre la douleur de dire

Je voudrais me relire
et ré-écrire
et redire
les mots-dits non-dits

Je ne relis pas
ne redis pas

Je laisse la fumée m’emporter
dans son masque de douceur
dans son cocon de noirceur

Je laisse               la fumée
dire        pour moi
ce qu’il faut        ou pas

Je la laisse guider mes doigts
sur les touches
mes lèvres
sur ces mots      qui coulent
difficilement

Comme des petits glaçons qui ne veulent pas se poser

Comme des échardes   prises    dans ma gorge

Et mes épaules me disent que c’est assez

Qu’il n’y a plus rien à dire            et que tout a été dit

Mais les mots dits           les non-dits
restent encore à dire
et à écrire
et à lire                à être lus             vus         et entendus

Les mots             qui se cachent dans la fumée nauséabonde

Ça sent le fiel et la noirceur
ça sent l’amertume
ça sent                 comme une cave humide           que la sècheresse           aurait oubliée

Des métaphores pesantes flottent dans la fumée
et me forcent à sourire
qu’est-ce que ça veut dire?

La fumée m’enveloppe
et je l’observe
bien cachée       à l’abri  derrière le rideau de mes cheveux qui me protègent

Elle ne me verra peut-être pas
elle passera tout droit   m’oubliera

Et alors
je n’aurai plus à le dire
je pourrai passer sous silence     tous les mots que je ne t’ai pas     jamais       dits. 




24 févr. 2011

Not in my backyard!

Inspired by an article in today's 24 Hours. 

Not in my backyard!
  So where?

They want to bring a homeless shelter
to St-Alban's church

But

Not in our backyard!
   the condo owners say
We've paid for a certain level of comfort
A certain standard of life.

Not in our backyard
  they say
This is not the right spot.
These homeless people
  they scare the young girls and the elderly.

So
Not in our backyard
It's the wrong place to put it.

So where?

They don't say

All the neighbourhoods
downtown
are "gentrifying"
      "revitalising"

Not in this backyard
Not in that one

So .... where?

Maybe we need to rethink
 how we can help
Maybe we need to take a look
  in our own backyards
and see what we can do
  to share our space
and see how we can find
balance
between the condo owners
and the homeless.

Wondering wanderer

Have you ever wondered
wandering through the city?

Have you ever wandered
down the streets
and wondered at it all?

Have you ever wandered
wondering who lived here before?
Who built this?
What happened there?

I have wandered
and wondered
and asked myself
who? what? why? when?

Have you ever wondered
skating on the canal
wondered at the marvel of this work
wondered who cut those stones
who put them there?
Wondered at the sheer size of this work
at the daring of these men.
Wondered
how many died for this?

Have you ever wandered
in the Byward Market
and wondered
how many people have walked
these streets before you?
What did they wear?
What did they buy?
Where did they live?

I do.

I have always wondered
wanted to know more
about these streets
these buildings
these stories.

And now my mind wanders
from now to then and back again
and images of old are superimposed
onto the streets of today.

5 févr. 2011

Fire

Shots
ring out through the sky
Explosions
reverberating on buildings
the sound is deafening.
The sky is lit up
with strange flares
unnatural fires
reds   whites   and greens.

In the street, the girl walks
she smiles
barely winces.
She knows she is safe
here
in this land of ice
where the fireworks
announce the beginning
of a winter festival
and not
the death of loved ones.

2 févr. 2011

Look up!

Look up!
No, really, look up.
Over the store facades
over the shop windows
over the flashy signs

Up there
where modernity hasn't quite caught up yet
Up there
where the paint is peeling
where stone faces grimace down at us
  from a time almost forgotten
when buildings were decorated with care

Look up!
You may be surprised
to find sculpted wreaths
old names
  almost erased by time
a date
a window
   that's been blocked off

Look up!
There's a history right there
waiting to be seen

And then
look way up
to the glass towers
  looming above
the future
  looking down upon us
full of promise
  when the sun hits them just right

Look up!
You might learn something new
about this city
   you know so well.