26 janv. 2015

Haunted

Late night, beautiful night, with inspiring people, and yet all I could come up with when I started writing was this depressing little poem... Still, I share it, because it's what I promised myself I would do more of this year... 

I'm like a haunted house
full of memories and shadows
of regrets and bad aftertastes.
I'm a room full of shadows
of secrets and unsaid words.
I'm like a music box that's forgotten its tune.
I'm a carousel that stopped turning long ago
that hasn't heard the peel of a child's laughter in too long.
I'm like a haunted house
full of empty rooms and hollow hallways
that even the ghosts have abandoned. 

7 janv. 2015

Hope - a very short story

J'ai les émotions à fleur de peau aujourd'hui, après les événements à Paris. Je n'ai pas les mots pour dire comment je me sens par rapport à l'état de notre monde, mais j'avais besoin d'écrire. 
So, here's a very short story about hope... or something. 

Give me your hand - she said to me.
We'll dance into the sunrise.
She was young. She was Hope. She was Joy.
And I was an old man. I'd forgotten how to dance and I was headed towards the sunset.

Come with me - she said once more.
I can make you love again.
But I'd forgotten how to love, and the pain I'd gathered through the years was too deeply etched into my wrinkles. There was no room left in me for love. Or hope. Or joy.

Hold my hand - she said.
We'll jump over the fire.
But the fires of youth had all been burned, and nothing was left for me but ashes in my mouth, and an aftertaste of regret.

Join us - she said
As she pointed behind me, towards a crowd of daffodils dancing in the breeze.
But I'd long ago forgotten the daffodils which delight the mind of the poet. Poetry is for fools and lovers, and I was neither.

Kiss me - she laughed.
And her lips were pink, and full, and lovely.
And so I kissed her
And took her hand
And jumped over the fire.

8 nov. 2014

Prends-moi

Je suis allée voir Vollmond, de Pina Bausch et le Tanztheater Wuppertal ce soir, et, comme prévu, je ne pouvais pas dormir avant d'avoir écrit. Inspirée par certaines des chorégraphies, et par toute la discussion présente au sujet des agressions sexuelles, voici un nouveau poème. (Avec l'histoire de Pandore, mon prochain projet de pièce, toujours présente...)

Prends-moi.  
N'hésite pas.  
Sois ferme.
J'hésiterai à peine       tout juste pour la forme.

Prends-moi.
Fais de moi ce que tu voudras.
Je suis argile          maléable          fébrile    sous tes doigts habiles.
Je me transforme au besoin        selon tes désirs.
Caméléon d'obéissance.

Flexible     et soumise

     Jusqu'à ce que je casse.
     que j'explose.
     que le contenant éclate.

Fragile     asséchée

laissant sortir la peur la laideur l'insomnie les angoisses la perte la douleur.

Tout ce que tu n'as jamais pu voulu voir en moi.

Ma force et ma faiblesse
mes cris de rage et de bonheur
ma vie        mon humanité.

Je ne suis pas parfaite
Je ne suis plus ta déesse     ta statue     ton idole.    Ta poupée.

Je suis une femme.

qui vit qui crie qui jouit.

Une femme qui pleure et qui souffre.
Une femme qui se révolte     et qui porte en elle le monde entier.

Je ne suis pas une sainte
pas Mère Térésa
pas la Vierge Marie.

Je ne panserai plus tes blessures      tant que tu ne panseras pas les miennes.

Mes mains     douces       tendres
se fissurent
à force de vouloir réparer les pots cassés.
J'ai les lèvres gercées  
à force d'embrasser ta fierté.

Je ne joue plus.
Je t'attends           de l'autre côté.

Là où il n'y a plus de divisions
là où nous saurons retrouver
l'unicité originelle
là où nos âmes
se reconnaîtreront
et s'aimeront      comme égales.


18 nov. 2013

Lâcher prise

Délire nocturne, en partie inspiré par mon nouveau projet d'écriture. 

J'veux lâcher prise mais ça m'fait peur.
Main mise sur une réalité plus contrôlée
Le néant m'effraie      mais je voudrais      j'aimerais tant           faire le grand saut.
Laisser aller et m'envoler
Flotter dans l'océan de l'inconnu.

Quête d'un néant réconfortant         et terrifiant
qui me répulse.

Inconfort d'une épave qui se cherche.
Depuis trop longtemps.

J'exagère peut-être mais pourtant
j'ai le sentiment d'avoir déjà sauté.
D'avoir eu ce courage
pour aller me planter le nez dans un pâturage d'herbe pas trop fraîche        où je n'ai pas su me relever

Jugée par moi-même me suis arrêtée
avant de rejoindre les bas-fonds
Un bon coup de pied m'a ramenée au rivage
J'ai tourné la page        sans oser regarder derrière moi.

Et pourtant         parfois             le large me rappelle. 

30 juill. 2013

Clique et aime

Je n'ai pas partagé de nouveaux poèmes depuis longtemps, mais je travaille maintenant sur un nouveau texte, et ce poème en a été inspiré. Qui sait s'il s'y retrouvera, mais il exprime assez bien ma réaction au "Slacktivism" (dont je suis moi aussi coupable, parfois). 


J'accuse
j'insiste
j'exige

je crains
j'espère
j'ignore

je signe et je clique et j'aime
je partage et puis j'oublie

je participe au négatif
je m'implique au minimum
je soutiens du bout du doigt.

Je veux sauver le monde avec mon clavier
je veux changer le monde de derrière mon écran
je veux participer au monde à travers ma souris

mais ne me demandez pas de sortir
ne me demandez pas d'agir
ne me demandez pas de crier

Je n'ai plus de voix      mes cordes vocales ont été remplacées par des câbles électriques
je n'ai plus de mains    elles ont été kidnappées par les touches
je n'ai plus de jambes  elles ont été coupées par mon modem.

Ne me demandez pas d'en faire plus    j'ai peur du contact humain
Je me suis perdu dans la toile et ne veux plus en sortir
protégé par la sécurité de l'anonymat

Je commente et je juge sous un pseudonyme
et je me convainc que ça suffira.


7 juill. 2013

Ogilvy's, version 2.0

In 2011, I wrote this poem, in honour of a forgotten building. Since then, the building has been torn down, to allow the Rideau Centre to expand. Here's my revised version of the same poem:


There was a building    at the corner of Rideau and Nicholas streets
A building      forgotten for almost twenty years

Almost two decades of oblivion
Almost twenty years       ignored

And when you told people about it
And when you'd mention it
    most people didn't remember seeing it       this huge building on Rideau street
    most people had forgotten it     this beautiful building on Nicholas

And yet
over twenty years ago     it was called Ogilvy's
And yet
one hundred years ago    it was called Ogilvy's
    one of Ottawa's first department stores
famous for its Tartan boxes
and high-end products.

But today     it's gone
  forgotten
        today
it's just another construction site
slightly problematic
    with its Heritage designation
      its former beauty
its torn down facade.

For so long it was sad               and lonely
     and ignored
like the many homeless vagrants       surrounding it
            walking by it every day
The ones we forget
The ones we've ignored
The ones who've    slowly    disappeared
Waiting for the ones in charge
   to do something
      to take charge
          to take a stand
And        meanwhile
this beautiful old building
slowly fades away             in our memory
all but forgotten what used to be in this empty spot
just another derelict
forgotten         ignored
                 lost
in this beautiful capital of ours.





25 sept. 2012

Une histoire

Après un bien trop long silence, une nouvelle inspiration

Ma ville est une histoire
que je veux vous conter....

L'histoire commence avec une guerre
qui a déjà deux cents ans

L'histoire commence avec un canal
miracle d'ingénierie

L'histoire commence avec des ouvriers
des immigrants qui s'installent
Des groupes rivaux qui bâtissent
sur ces terres inhospitalières
sur ces marais embourbés
où la malaria fait des ravages
dans cette forêt touffue
où tout n'est que danger
pour ces ouvriers qui s'y installent.

L'histoire se poursuit
de batailles en révoltes
de rivalités en débats parlementaires

L'histoire se poursuit
et lentement devient mienne
avec l'arrivée de ma famille
dans ce village   devenu ville     modeste

L'histoire devient celle
de ma grand-mère
élevée par-dessus une forge
rue Clarence

L'histoire devient celle
de mon arrière-grand-mère
qui conduit son chariot
au Marché By   toutes les semaines

L'histoire devient celle
de mon père
grandit sur la rue Rose
dans une maison
qui n'existe plus
Avec ses quatre frères
dans la Basse-Ville
Du temps où les familles étaient grandes
du temps où ça dansait
où ça chantait   dans les cuisines
du temps où les tantes préparaient des tartes au sucre
et des carrés aux dates.

L'histoire se poursuit encore
et lentement elle devient mienne
Je grandis dans la Côte-de-Sable
et j'en fais mon village
un village où l'anglais et le français font bon ménage
où les rivalités d'antan
sont oubliées
par les enfants des rues
Goulburn
et Blackburn
et Chapel

L'histoire devient mienne
je me l'approprie
j'écoute les histoires de ma famille
je vois les paroles
de ceux qui ont connu mon village
avant.

L'histoire devient mon histoire
je la partage avec qui veut bien l'entendre
je la présente aux touristes
émerveillés par cette belle capitale
je la répète à ceux d'ici
qui l'ont déjà oubliée

L'histoire ne veut pas mourir
L'histoire de ce village devenu ville
de cet endroit désolé devenu
capitale fédérale
de cette ville
qui a oublié
son histoire.