26 mai 2011

Body language

That's messed up
        he says, shrugging his shoulders
Totally
       she says, batting her eyelashes

But their eyes
         tell another story
And their hands
        long to touch
   each other's skin

Silence

Silence!
   Silence     Silence     Si   lence
Plus de mots
        les mots
     sont inutiles
             ne disent plus rien
Les mots
        ont perdu leur pouvoir
Ils m'enterrent
     et m'empêchent de penser
Alors    Silence!
Que les mots se taisent
Que les sons disparaissent
Rien    plus rien
  que le confort cotonneux
du silence réconfortant
qui me protège du vacarme
  du monde.

21 mai 2011

Masques

Si je néglige ce blog depuis quelque temps, c'est que je travaille sur ma nouvelle pièce, écrite en poèmes, et que je ne veux pas publier ces poèmes-là ici (c'est une surprise!)
Par contre, j'aimerais soumettre certains de mes poèmes à des revues de poésie, alors je fais un petit sondage: laissez-moi savoir quel(s) poème(s) vous préférez, et si vous aimez ce que j'écris, n'hésitez pas à partager avec vos amis. 

Voici donc mon nouveau poème: 


Je me suis construit un masque de mots
    pour cacher mes peurs et mes peines
derrière ce masque     et ces mots
on ne pourra plus me voir
je disparaîtrai
avalée par un tsunami de paroles
    qui déferlent
et me protègent
   d'une vérité que j'ignore.

Mon masque a plusieurs couches           différentes couleurs
Je me cache d'abord derrière un anglais      parfois maladroit
          but safe.
Puis vient le français      familier et rassurant.
Et    tout au fond     l'espagnol          hésitant     trébuchant
          pero sabroso.

Je me suis construit un masque de mots
   pour partager mes peurs et mes peines
sans que ça paraisse.

8 avr. 2011

Glasses

Nothing to do with my city, this poem is more tongue-in-cheek... but that doesn't make it less true!


I like glasses

Well, I like other people's glasses. I tend not to think about my own.

But I like glasses.
Reading glasses, especially.

I like the way people put them on
                        take them off
           put them back on
              and then push them down their nose.
I like to watch people
       playing with their glasses
   folding them     opening them
           almost without noticing them.
I like the sound they make
    the click click clicking
         of plastic against plastic
    the tick tick ticking
          of metal against metal.
I like to see the sheepish look
     that appears on someone's face
            when they put their glasses on to read the fine print.
I like the way glasses
                           change a face.
I like to watch someone
        push their glasses on top of their head
                         and then look for them frantically.
I like to see someone
         neatly folding their glasses
                  and putting them back in their case.
I like the nervous gestures
                                  some people make
                putting their glasses down
            picking them up again
                  opening and closing their arms
                               click click tick
        biting their ends pensively
              putting them back on
                  up and down the nose they go
         then up onto the head
                                    holding the hair in place.

And the smiles
   And the looks
       And the comments and excuses

"I'm getting old"
"My eyes aren't what they used to be"
..........

I like glasses.

I like the stories they uncover
  and the faces they transform.

Clochers

J'écris ceci, en étant très consciente que moi non plus, je n'y vais pas, sous les clochers. Et que, aussi triste que ça puisse être de voir ces églises dépérir, je n'ai pas de solution à proposer. 

Y a des clochers dans mon village
dans mon village devenu ville
  y a des clochers.

Clochers d'église qui racontent
   toute une histoire
Clochers d'églises
   rivales
Clochers d'églises
   qui   à une époque    plus ou moins lointaine
débordaient
   des congrégations    rivales   d'origines variées     de croyances divergentes

Dans mon village
  pas encore ville
il y avait
   assez de croyants     pour remplir toutes ces églises
      pour reconnaître tous ces clochers.

Mais mon village
   devenu ville
  a perdu ses croyants
     ou ses croyants se sont perdus
  et ont perdu de vue     tous ces clochers.

Dans mon village devenu ville
   les clochers dépérissent
      et perdent de leur éclat.
Les églises ferment
   ou changent de main
accueillent
   de nouvelles congrégations     venues d'ailleurs
ou deviennent des centres    communautaires    désacralisés.

Dans mon village
     devenu ville
y a des clochers    qui me rappellent
     que les temps ont changé.

Ma maison

Un poème que j'ai écrit il y a quelques mois déjà, mais que, je ne sais pas trop pourquoi, je n'ai pas publié. Je l'ai écrit pour la maison centenaire dans laquelle j'avais un appartement à l'époque. Je l'ai quittée depuis, mais elle m'habite encore, parfois. 


Ma maison brinquebalante
Ma maison ménopausée
  aux bouffées de chaleur
  et aux périodes de grand froid
Ma maison aux courants d'air
   et au ruisseau qui coule
      sous tes fondations
Ma maison centenaire
   qui en a vécu, des histoires
   qui en a vu, des vertes et des pas mûres
Tes murs épais ont caché des hors-la-loi
Tes grandes fenêtres ont défendu des voleurs
Tes propriétaires ont fui la loi
      pour se cacher dans le sud
        ou mourir d'une overdose.
Ma vieille maison
  aux sautes d'humeur
Quelles autres histoires se cachent sous ton toit?
Ouvre-moi la porte
  confie-moi tes secrets.

20 mars 2011

Non-dits

Ceci n'est pas un poème... ou plutôt, ce n'est pas le poème que je voulais écrire. Celui-là ne voulait pas être écrit. Alors celui-ci est venu prendre sa place. J'espère que vous ne vous perdrez pas dans le méandres de mon esprit fatigué, je n'ai malheureusement pas de fil d'Ariane à vous offrir....
***

Juste un instant
un moment       dans la journée
pour s’arrêter
pour réfléchir
pour écrire
pour penser.

Juste un moment
pour me rendre compte
pour rendre mes comptes
à qui je suis

Et le vent souffle             des volutes de fumée
dans ma tête.

Mais rien n’est plus clair

Sinon que je ne dis rien

Que je ne partage pas
jamais
ou trop rarement.

Des volutes de fumée qui nagent dans mon cerveau
embué.

Et pour un instant
je m’arrête
j’arrête le temps
j’arrête le vent
je laisse                               la fumée             se poser.

Juste pour voir
ce qui pourrait arriver

J’arrête de penser
j’arrête d’arrêter            les pensées       qui me viennent

Qu’elles viennent, les pensées

Qu’ils approchent, les mots

Les maudits non-dits

Je les attends

Dans le silence

Et la fumée        m’enveloppe
une couverture d’idées imprécises
de mots fugitifs
qui me libèrent

Parce que je ne sais pas quoi dire
comment le dire

Parce que souvent
trop souvent
je préfère           me taire
plutôt que dire              ce que je devrais             te dire

Alors     j’écris
pour moi
pour toi
pour quoi
qui

La fumée se fait plus dense
et la danse des mots n’est plus aussi fluide
je me sens         restreinte
par un poème qui ne veut pas être écrit

Des liens se resserrent
autour de mon cerveau
et sur mes lèvres
le sourire ne vient pas
et les mots         luttent  contre la douleur de dire

Je voudrais me relire
et ré-écrire
et redire
les mots-dits non-dits

Je ne relis pas
ne redis pas

Je laisse la fumée m’emporter
dans son masque de douceur
dans son cocon de noirceur

Je laisse               la fumée
dire        pour moi
ce qu’il faut        ou pas

Je la laisse guider mes doigts
sur les touches
mes lèvres
sur ces mots      qui coulent
difficilement

Comme des petits glaçons qui ne veulent pas se poser

Comme des échardes   prises    dans ma gorge

Et mes épaules me disent que c’est assez

Qu’il n’y a plus rien à dire            et que tout a été dit

Mais les mots dits           les non-dits
restent encore à dire
et à écrire
et à lire                à être lus             vus         et entendus

Les mots             qui se cachent dans la fumée nauséabonde

Ça sent le fiel et la noirceur
ça sent l’amertume
ça sent                 comme une cave humide           que la sècheresse           aurait oubliée

Des métaphores pesantes flottent dans la fumée
et me forcent à sourire
qu’est-ce que ça veut dire?

La fumée m’enveloppe
et je l’observe
bien cachée       à l’abri  derrière le rideau de mes cheveux qui me protègent

Elle ne me verra peut-être pas
elle passera tout droit   m’oubliera

Et alors
je n’aurai plus à le dire
je pourrai passer sous silence     tous les mots que je ne t’ai pas     jamais       dits.